Publié le 13 mars 2020 Mis à jour le 18 mars 2020
le 25 mars 2020

[ANNULÉE] En raison des nouvelles directives du gouvernement liées au Covid-19, l'événement est annulé. Adeline Herrou, directrice de recherche au CNRS, diffusera son film ethnographique « Maître Feng » au festival Les Bobines du Sacré, le 25 mars à 18h30 à la Bibliothèque municipale de Lyon.

Résumé

"Maître Feng" par Adeline Herrou est un documentaire réalisé en 2018 d'une durée de 70 min.
Film ethnographique réalisé dans le sud de la province du Shaanxi, en Chine centrale. Il dresse le portrait d’un moine taoïste, Maître Feng, dans la société chinoise d’aujourd’hui.

   
Présentation du film

Ce film est le portrait d’un moine taoïste, de la région de Ziyang au Shaanxi, en Chine centrale. Celui-ci, entré en religion « dans la Chine d’autrefois », est forcé de retourner à la vie laïque lors de la Révolution culturelle (1966-1976) et de travailler dans les champs pendant quinze ans. Au début des années 1980, il peut reprendre sa vie de moine. Reconnu comme un maître éminent jusqu’à Pékin, il préfère refuser les propositions de postes prestigieux pour se consacrer à la reconstruction de temples détruits pendant la longue période de prohibition religieuse. Le film commence lorsqu'il a terminé de restaurer son troisième temple et, sans profiter du confort qu’il a su y installer, il recommence ailleurs, en repartant à zéro, à rebâtir un autre temple. Il parle du fengshui (le caractère auspicieux d’un lieu) « qui change avec le temps » et fait poser un sol en marbre dans la salle de culte principale de ce monastère perdu dans les montagnes les plus reculées de la région car « on vit dans une belle époque aujourd’hui ». Ce temple devient à une vitesse surprenante un puissant moteur dans l’économie locale : sa présence permet le lancement d’un projet de développement touristique. Très vite, c’est un nouveau village qui se construit ex-nihilo face au temple. Les habitants ainsi que des visiteurs —venus parfois de très loin— viennent consulter maître Feng avec toutes sortes de requêtes, lui demandant notamment la lecture d’oracles et l’interprétation de blocs divinatoires (gua) très populaires dans cette région. Par là-même, il les aide à appréhender les mutations rapides de la société chinoise. Il perpétue d’anciennes traditions dont celle qui consiste à brûler de l’encens jour et nuit, « pour ne pas rompre le lien avec les dieux ». Il s’emploie également à adapter les pratiques religieuses pour qu’elles répondent au plus près aux préoccupations d’aujourd’hui. Toutes ces activités ne l’empêchent pas de trouver du temps pour sa réalisation spirituelle car « il faut savoir méditer dans toutes situations », lire et plus simplement rester « un homme libre » qui cherche à mener « une vie sans pression ».

Le film a obtenu le Prix du Festival Science en Lumières, « Coup de cœur pour une recherche », 2018.
     
    

Festival Les bobines du sacré

Dans nos sociétés actuelles, les religions prennent une importance toujours accrue. Sont-elles des facteurs de division ou de rapprochement ? Favorisent-elles le communautarisme ou le vivre ensemble ?
Pour répondre à ces questions, l’ISERL organise le Festival les Bobines du Sacré du 4 au 30 mars 2020. Toutes les projections se font en présence de réalisateurs, de professionnels du cinéma, de spécialistes des sciences du religieux ou d’universitaires.

 

Informations pratiques

Date(s)

le 25 mars 2020