Mise à jour le 30 mars 2020

Contact / Direction du département de Science politique

Caroline FRAU
Bureau : H349
@ : caroline.frau@univ-lyon2.fr

Montserrat EMPERADOR BADIMON
Bureau : H349
@ : montserrat.emperadorbadimon@univ-lyon2.fr

 
Film et politique

L’équipe pédagogique du département de science politique a cherché à établir une liste de film traitant de « politique » au sens large. Cette liste n’est pas exhaustive, elle est très par ailleurs très subjective. Après un appel sur les réseaux sociaux, plusieurs collègues d’autres universités nous ont fait des propositions. Dans cette période de confinement, c’est donc une liste « validée » par vos profs qui vous permettront de regarder sans culpabiliser des films classiques ou récents tout en continuant à faire de la science politique autrement. 
L’équipe pédagogique de science politique. 

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  • Adults in the room (France, Grèce 2019) réalisé par Costa Gavras. Le film est tiré du livre Conversations entre adultes. Dans les coulisses secrètes de l’Europe de Yanis Vaoufakis sur la crise grecque. 
  • Alice et le maire (France 2019) réalisé par Nicolas Pariser l’histoire de la relation entre un vieux briscard de la politique, Paul Théraneau et une jeune intellectuelle recrutée pour le stimuler intellectuellement Alice Heimann 
  • Vice (2019 USA) est un film de Adam McKay, qui raconte l’histoire de Dick Cheney et de son ascension comme vice-président de George W. Bush. 
  • El reino (Rodrigo Sorogoyen, 2018), sur la corruption du PSOE et du PP en Espagne
  • En guerre (France 2018) réalisé par Stéphane Brize, avec Vincent Lindon sur la fermeture d’une usine. 
  • 120 battements par minute (France 2017) sur la naissance d’Act Up. Sur les mouvements sociaux et en particulier, excellent sur les délibérations en assemblée générale. 
  • Pentagon Papers (2017 USA) est un film réalisé par Steven Spielberg. Sur la dénonciation par des journalistes du Washington Post de l’un des plus grands scandales de la vie politique américaine.  
  • Guibord s'en va-t-en guerre (Québec 2015) réalisé par Philippe Falardeau sur les relations entre un député québécois et son assistant. 
  • Game change (USA 2013) réalisé par Jay Roach, raconte la campagne présidentielle de 2008, vue depuis la personnalité de Sarah Palin choisie par le camp républicain comme candidate à la vice présidence. 
  • Quai d'Orsay (France 2013) est un film réalisé par Bertrand Tavernier qui raconte une partie de la vie du ministère des affaires étrangère au temps de Dominique de Villepin (et de la guerre d’Irak).  Ne pas oublier de lire la bande dessinée de Christophe Blain et Abel Lanzac à l’origine du film. 
  • Lincoln (USA 2012), le biopic du 16e président des états Unis par Steven Spielberg. 
  • No (Chili, Mexique, USA 2012)  raconte la campagne publicitaire en faveur du « non » lors du référendum chilien de 1988. 
  • L’exercice de l’Etat (France, Belgique 2011) réalisé par Pierre Schoeller, avec Olivier Gourmet, Michel Blanc et Zabou Breitman.  Un ministre et son conseiller face à la décision d’état. 
  • La Conquête (France 2011) de Xavier Durringer. Sur l’histoire de Sarkozy selon Allociné « L'histoire d'un homme qui gagne le pouvoir et perd sa femme ». 
  • Les Marches du pouvoir (USA -2011) réalisé par George Clooney avec Georges Clooney et Ryan Gosling. Sur une campagne d’un gouverneur à la présidence des Etats Unis. Le scénario est écrit par  le showrunner de House of Cards !)
  • Pater (France 2011) réalisé par Alain Cavalier avec Vincent Lindon. Une improvisation entre l’acteur et le réalisateur autour de dialogues entre un président de la république et son premier ministre
  • Harvey milk (USA 2009) réalisé par Gus Van Sant raconte l’histoire de l’homme politique Harvey Milk, premier élu américain à être ouvertement gay et de son combat pour les droit des homosexuels américains. 
  • Il Divo (Italie 2008)  de Paolo Sorrentino raconte l’histoire de Giulio Andreotti, grande figure de la démocratie chrétienne et de la vie politique italienne pendant plusieurs décennies. 
  • Bamako (France, Mali 2006) film réalisé par Abderrahmane Sissako sur le procés de la banque mondiale et du FMI dans la cour d’un immeuble de Bamako. 
  • Le caïman (Italie 2006) réalisé par Nanni Moretti, le film raconte l’histoire du tournage d’un film sur Berlusconi. 
  • No man’s land (Belgique, Italie, GB, France 2001) réalisé par Danis Tanovic et Warriors (GB, 1999) de Peter Komisky. Sur la guerre de Bosnie et le rôle de l’ONU 
  • L’arbre le maire et la médiathèque (France-1993) réalisé par Eric Rohmer. Une campagne locale autour d’un arbre et d’une médiathéque. La vie politique locale vue par Rohmer. Avec Fabrice Luchini, Pascal Grégory  et Arielle Dombasle
  • Président d'un jour (Dave) (USA 1993) réalisé par Ivan Reitman. Un sosie du président est placé à la tête de l’état après que le vrai président ait fait un accident vasculaire cérébral. 
  • Rasta Rockett (Québec 1993) le choix spécial de Guillaume Gourgues sur les relations diplomatique de la Jamaïque à travers la participation de l’équipe jamaïquenne de Bobsleigh aux JO d’hiver … 
  • Bob Robert (USA/GB 1992) réalisé par Tim Robin avec Tim Robin. La campagne électorale d’un chanteur de country. 
  • Le Porteur de serviette - Il portaborse (Italie 1991) est réalisé par Daniele Luchetti. Il aborde la question de la corruption en Italie juste avant la période mani pulite. 
  • Les hommes du président (All the President's Men)(USA 1976) réalisé par Alan J. Pakula à partir du libre de Bob Woodward et Carl Bernstein sur le scandale du Watergate. Un classique sur les relations presse et politique avec Robert Redford et Dustin Hoffman dans les rôles des deux journalistes. 
  • Nos plus belles années (The Way We Were) (USA-1973) est un film réalisé par Sydney Pollack traite de la période du maccarthysme.  
  • La Chinoise (France 1967), un film politique de Jean Luc Godard qui annonce mai 1968. 
  • Tempête à Washington (Advise & Consent) (USA 1962) Film réalisé par Otto Preminger qui raconte les débats et les manœuvre autour d’un secrétaire d’état américain par le Président des Etats Unis.  
  • Le président  (France 1961) sur la IVè République. Avec Jean Gabin. 
  • La Dernière Fanfare (The Last Hurrah) (USA 1958) réalisé par John Ford raconte l’histoire d’une campagne électorale d’un maire d’une petite ville américaine pour sa réélection.  
  • The states of Union (USA 1948), un classique de Franck Capra à compléter par Mr Smith au Sénat, un autre classique. 
Série et politique

Bien qu’ils soient difficile de dire à coup sûr, ce qu’est une série politique (GOT est sans aucun doute une série politique tout comme Narcos ou Versailles ) nous avons sélectionné quelques séries qui se situent dans les arcanes du pouvoir et cherchent à en décrire le fonctionnement. Pour ne plus culpabiliser si on regarde des séries puisque ce sont les conseils de l’équipe pédagogique de science politique.

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  • Baron noir (2016-en cours) est une série française crée par Éric Benzekry et Jean Baptiste Delafon. Elle est diffusée depuis 2016 par Canal plus et raconte l’histoire de Philippe Rickwaert et des intrigues de la politique française. La saison 2 a été produite au moment de l’élection présidentielle française de 2017. Comme le défend Rémi Lefebvre dans le quotidien en ligne AOC :  « Baron Noir explore avec jubilation l’économie morale du cynisme qui prévaut dans l’univers hyper-professionnalisé de mercenaires tenus et retenus par la lutte des places. Mais les personnages, complexes et ambivalents, donnent aussi à voir et à défendre une certaine noblesse du politique ».
  • The Crown (2016-en cours) est une série américano britannique crée par Peter Morgan et diffusé depuis 2016 sur Netflix.  Elle raconte la vie Elisabeth II depuis son enfance. Série d’apprentissage, comme le note Emmanuel Taieb (2020), elle montre bien comment au-delà de la naissance, on devient Reine. 
  • The designed survivor (2016-2019) est une série américaine de 53 épisodes crée par créée par David Guggenheim. Elle raconte l’ascension d’un obscur secrétaire d’état au logement au poste de Président des États-Unis à la suite d’un attentat ou sont tués, l’ensemble des membres du congrès, juge de la cour suprême, Président, vice-président et l’ensemble de l’exécutif.  Cette série est comme The Crown et selon Emmanuel Taieb (2020) sur l’apprentissage des rôles politiques conçu comme une série d’épreuve.
  • Show me a hero (2015) est une série de David Simon l’auteur de Wire. Sur une mobilisation de la classe moyenne blanche américaine contre l’installation d’habitation à loyer modéré dans la banlieue de New York 
  • House of Cards (2013-2018) est une série de 6 saisons qui raconte l’ascension de Franck Underwood et de sa femme dans les arcanes du pouvoir américain à coup d’intrigue et de trahison. La série est à mi chemin entre le thriller et la série politique. 
  • Veep (2012-2019) est une série (sitcom) qui raconte sur un ton humoristique de Selina Meyer jouée par Julia Louis Dreyfus au poste de vice-présidente des États Unis. (VP ou « Veep »)
  • Boss (2011-2012) est une série américaine crée par Farhad Safinia sur le maire de Chicago et son entourage.
  • Borgen, une femme au pouvoir (2010-2013) est une série danoise en trente épisode diffusée. Elle raconte l’ascension de Birgitte Nyborg, centriste sur fond d’intrigues politicienne. La série montre aussi comment, une femme au pouvoir tente de concilier vie politique et vie privée. La série est considérée à la fois comme réaliste et visionnaire : le personnage de Birgitte Nyborg s’inspirerait de la réalité et en particulier de la commissaire européenne danoise Margrethe Vestager Hansen et surtout anticiperait, comme l’aurait fait pour Barack Obama, le personnage de Matthew Vincente Santos de la série West Wing, l’arrivée de Helle Thorning-Schmidt au poste de Premier ministre dans son pays.
  • The Wire (2002-2008) Sur écoute est la série préférée des sciences sociales (celle qui a généré le plus d’écrit et d’analyse). Elle a été créée par David Simon et est diffusée sur HBO depuis 2002. Elle comporte 5 saisons (qui valent toute la peine d’être vues) centrée sur la ville de Baltimore.  Les saisons trois et cinq qui décrivent la vie politique et les médias intéressent particulièrement les politistes (mais ça serait dommage de se priver des autres saisons). 
  • À la Maison-Blanche (The West Wing)(1999-2006) est une série américaine crée par Aaron Sorkin de 155 épisodes de 42 minutes. La série met en scène la vie quotidienne d’un président démocrate aux États-Unis et de ses collaborateurs à la Maison Blanche.  La série est particulièrement attentive aux relations entre les différents pouvoirs – avec de belles leçons de droit constitutionnel américain - y compris le pouvoir médiatique. C’est un modèle pour beaucoup d’autres séries car elle aurait annoncé l’arrivée de Barack Obama au pouvoir. 
  • Spin City (1996-2002) est une sitcom ancienne et met en scène dans de court épisode de 22 minutes, « Mike » Flaherty joué par Michael J. Fox, collaborateur d’un maire de New York gaffeur et maladroit. Une série qui garde son efficacité. 
  • The New Statesman (1987-1992) est une sitcom britannique crée au début des années 90 et qui raconte l’histoire d’un député anglais conservateur sans scrupule, Alan B'Stard incarné par Ryk Mayal. Humour anglais un peu trash. 
Il y a aussi The Good Wife, The Newsroom, et Les Hommes de l’ombre (série française), la mini série de 2009 L’Ecole du pouvoir qui raconte à travers la vie de 5 élèves de la promotion Voltaire et une série radio (sur France Culture) à podcaster : 57 rue de Varenne.

Et pour accompagner les séries … une petite bibliographie : 
- Allorant, Pierre. « Borgen. Une femme au pouvoir. De la série au roman », Parlement[s], Revue d'histoire politique, vol. 24, no. 2, 2016, pp. 131-136.
- Bacqué, Marie-Hélène, et al. The Wire. L'Amérique sur écoute. La Découverte, 2014 
- Biscarrat Laetitia, « ‪Fiction, genre et pouvoir politique : L’État de Grace et la « République des mâles »‪ », Études de communication, 2017/1 (n° 48), p. 139-154. ‬‬‬‬‬‬
- Chalvon-Demersay Sabine. La confusion des conditions. Une enquête sur la série télévisée Urgences. In: Réseaux, volume 17, n°95, 1999. pp. 235-283.
- Sabine Chalvon-Demersay, « La part vivante des héros de séries », in Pascale Haag et Cyril Lemieux (dir.), Faire des sciences sociales. Critiquer, Paris, éd. de l’Ehess, 2012, p. 36.
- Connil Damien, « Le discours présidentiel « saisi » par les séries télévisées. L’exemple du président des États-Unis », Mots. Les langages du politique, 2016/3 (n° 112), p. 99-108
- Desage, Fabien. « Chapitre 4. Les raisons de la « colère ». Emprise et adversité des institutions dans The Wire », The Wire. L'Amérique sur écoute. La Découverte, 2014, pp. 83-101.
- Faure, Antoine, et Emmanuel Taïeb. « ‪Les "esthétiques narratives" : l’autre réel des séries‪ », Quaderni, vol. 88, no. 3, 2015, pp. 5-20.‬‬‬‬‬‬‬‬
- Laugier Sandra “Les séries télévisées : éthique du care et adresse au public”, Raison publique, n° 11, 2009, p. 280.
- Le Saulnier, Guillaume. « Les policiers réels devant leurs homologues fictifs : fiction impossible ? Pour une sociologie de la réception dans la sphère professionnelle », Réseaux, vol. 165, no. 1, 2011, pp. 109-135.
- Lefebvre Rémi, Quand Baron Noir sauve la politique, AOC, Quotidien en ligne, 16/02/2018 /aoc.media/critique/2018/02/16/baron-noir-sauve-politique/
- Smadja, David. « Cinématographie du politique ou l'écriture du politique comme image-mouvement », Raisons politiques, vol. 38, no. 2, 2010, pp. 5-16.
- Taieb Emmanuel, « L’apprentissage du rôle politique dans les séries », Considérant Revue du droit imaginé, n° 2, 2020, p. 59-78 
- Taieb Emmanuel, « House of Cards. Qu’est-ce qu’un coup politique fictionnel ? », Quaderni, « Les séries, politique fiction», 88, Automne 2015, p. 67-81
- Taieb Emmanuel, House of Cards. Le crime en politique, Puf, 2018, 192 p.