Mise à jour le 19 juil. 2021
 
Les questions liées à l’accès au logement de personnes en situation de précarité sont au cœur des politiques sociales et concentrent l’ensemble des enjeux liés à la lutte contre l’exclusion. Elles connaissent actuellement de profonds bouleversements dont la mise en oeuvre progressive de l’approche dite du « logement d’abord », présentée par ses promoteurs comme un changement de paradigme, dans la conception du problème public et des réponses apportées.

Porté par un ensemble de partenaires concernées par ces questions, le diplôme universitaire « Logement d’abord » proposera aux stagiaires de la formation continue d’entrer dans un parcours formatif, réflexif et critique au sein de ce nouvel environnement.

Présentation

Le DU « Logement d’abord » comprend 4 modules répartis sur 8 mois.
Les cours auront lieu 3 jours par mois les mercredis, jeudis et vendredis à partir d’octobre 2021. N’hésitez pas à consulter la plaquette de présentation afin de connaître le calendrier 2021/2022.

Module 1 : Politique(s) du « logement d’abord » : théories, controverses et enjeux

La notion de « logement d’abord » est protéiforme. Selon les contextes et les locuteurs, cette notion peut aussi bien désigner des politiques publiques qui établissent des stratégies et des programmes basés sur le logement pour lutter contre le sans-abrisme (plan « logement d’abord », stratégie nationale finlandaise), un modèle d’assistance aux personnes sans-abri qui se diffuse dans les pays occidentaux s’opposant aux logiques traditionnelles de la prise en charge (Housing First vs modèle « en escalier »), ou encore des expérimentations et des dispositifs s’adaptant à certaines situations de sans-abrisme (programme « Un chez-soi d’abord »). Les interprétations et les appropriations du « logement d’abord » sont diverses, variant d’un pays à l’autre, d’un territoire à l’autre, d’un acteur à l’autre, elles évoluent aussi dans le temps. L’approche socio-historique révèle également que le « logement d’abord » est à la fois issu et source de controverses, qui prennent place dans l’action publique. Ce module mobilise les outils d’analyse sociologique de l’action publique (mise à l’agenda, niveaux de l’action publique, réseaux d’acteurs, mise en œuvre, instrumentation) pour situer socio-historiquement l’émergence du « logement d’abord » en tant que modèle proposant des alternatives à la prise en charge des personnes sans-abri et comme un principe directeur éventuel de l’action publique.

Module 2 : Cohabiter et accompagnement à habiter

En optant pour le terme de « logement », plutôt que celui de « chez soi », la politique publique, dans son appellation même, met en avant l’espace physique et matériel plutôt que l’expérience vécue par les personnes dans cet espace. C’est à cette problématique du rapport aux espaces, envisagée à l’aune du concept « d’habiter », que ce module sera consacré, en questionnant autant les formes de (co)habiter que les sens d’un accompagnement à habiter. Partant du constat de l’existence de capacités à habiter, en dehors du logement, et d’expériences de ne pas habiter dans un logement, ce module propose un parcours visant à penser la diversité des modes d’habiter et à réfléchir aux différentes enquêtes, plus ou moins formalisées, qui conduisent à diverses qualifications de ces formes d’habiter (par les
habitants eux-mêmes, par des professionnels, par des chercheurs…). Le module favorisera l’acquisition de compétences méthodologiques et de savoirs conceptuels tout en mettant en lumière et en discussion des expériences d’habitants et des professionnels du médico-social.

Module 3 : Le « logement d’abord » et ses publics : entre universalité et approches spécifiques

Ce module propose d’interroger les politiques sociales – et notamment celles du logement et de la lutte contre l’exclusion – à partir de leurs publics.
Il s’agira donc d’analyser la manière dont les acteurs du secteur public et associatif, mais aussi les personnes concernées elles-mêmes construisent des catégories de bénéficiaires ou d’usagers (« jeunes », « femmes victimes de violences », « sortant de prisons », « usagers de drogues »), et développent des réponses spécifiques en fonction des besoins identifiés. Par quels processus et dans quelles intentions s’opère ce ciblage des politiques sociales ? En quoi la catégorisation des publics, questionne-t-elle l’égalité d’accès aux droits et la notion de droits communs ? Quelles sont les principales catégories mobilisées par les acteurs du secteur public et associatif en matière d’accès au logement ? Comment les personnes mobilisent-elles, refusent-elles ou instrumentalisent-elles elles-mêmes les catégories qui leur sont attribuées, à travers notamment les pratiques de non-recours ?
Les différentes interventions permettront aux stagiaires de comprendre et d’interroger le processus de co-construction des catégories de bénéficiaires des politiques sociales, qui implique à la fois les décideurs publics, les personnes concernées, les intervenants sociaux ou les chercheurs en sciences sociales. La majorité des interventions donnera la parole à des personnes concernées, et à leurs points de vue sur les catégorisations et leurs conséquences en termes de réponses et de dispositifs.

Module 4 : « Logement d’abord » : des pratiques en mutation

Au-delà des évolutions politiques, philosophiques et anthropologiques abordées au cours de la formation, c’est à une réflexion éthique et pratique qu’appelle le « logement d’abord » aujourd’hui. Ce dernier module vise alors à présenter, d’une part, les concepts susceptibles d’offrir un cadre pour soutenir une réflexion sur les pratiques actuelles et à venir, tels que le proposent notamment les principes de rétablissement, de pouvoir d’agir et de savoir expérientiel. D’autre part, la diversité (des contextes, des acteurs et des personnes concernées) propre au « logement d’abord », implique une adaptation et la créativité des acteurs souhaitant s’y engager ; celles-ci seront soutenues ici par le partage d’expériences, d’outils et de pratiques variés, à partir desquelles il devient possible d’envisager une mise en oeuvre et une adaptation concrète des principes évoqués. Enfin, l’intrication des savoirs experts et expérientiels des intervenants soutiendra la possibilité d’explorer les limites et les contradictions émergentes de la confrontation du terrain aux volontés du « logement d’abord ».

Activités visées / compétences attestées
  • Analyser l’environnement social en réalisant une ethnographie et une cartographie des dispositifs existants par une immersion sur le terrain afin d’identifier les ressources du territoire et les besoins du secteur.
  •  Analyser la situation des bénéficiaires en réalisant un diagnostic auprès de ces derniers via des entretiens de recherche afin de cibler leurs besoins, leurs potentialités et leurs capacités .
  • Instaurer une relation de confiance avec les bénéficiaires, en mettant en place des pratiques d'accompagnement sur mesure et non-coercitives (réduction des risques, rétablissement , pair-aidance ), pour une aide plus efficiente et éthique.
  • Prévenir les ruptures d’accompagnement en organisant un focus groupe composé de professionnels pluri-disciplinaires / institutionnels et autres aidants pour faire émerger des pistes de solutions et favoriser l’engagement des bénéficiaires.
  • Réaliser le suivi de la mise en œuvre du plan d’accompagnement en s’appuyant sur les bénéficiaires et leurs propres expertises , afin de s’assurer que le plan d’action défini est en adéquation avec leurs besoins.
  • Mobiliser et coordonner les acteurs du dispositif en mettant en place une veille préventive et réflexive, et en instaurant des réunions interpartenariales en vue de trouver collectivement des solutions concrètes aux problèmes des bénéficiaires, dans une démarche multi-référentielle.
Revue de presse
Actualité
Admissions
et candidatures
Intervenants sociaux, intervenants en santé et en santé mentale, chefs de service, acteurs associatifs, acteurs institutionnels chargés du pilotage territorial, du suivi et de l’évaluation de projets, professionnels du logement social, travailleurs pairs.
Prérequis :Niveau Bac + 3 ou expérience professionnelle équivalente.
Une promotion de 15 étudiant·e·s environ est attendue.
Le dossier de candidature se compose d’un curriculum vitae et d’une lettre de motivation articulée autour du cursus de formation et de l’expérience (bénévole, citoyenne, professionnelle) du candidat.
Les dossiers de candidature sont à envoyer par mail (orspere-samdarra@ch-le-vinatier.fr ou lea.aubry@ch-le-vinatier.fr) avant le 14 juin 2021 pour la première session et avant 15 septembre 2021 pour la seconde session de candidature. Après sélection des dossiers, les candidats recevront une réponse au plus tard le 2 juillet pour la première session et le 22 septembre pour la seconde session.
Coût en autofinancement : 3800 €
Coût avec un financement de l’employeur : 5200 €
N’hésitez pas à nous contacter pour obtenir plus d’informations.
Infos pratiques
RESPONSABLES PEDAGOGIQUES
Bertrand Ravon et Nicolas Chambon (Responsables universitaires)
Elodie Gilliot (Responsable pédagogique)
RESPONSABLE ADMINISTRATIVE                                                      
Léa Aubry
Lea.aubry@ch-le-vinatier.fr
04.37.91.53.90
Calendrier

Programme 2021-2022 DU LDA

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95 Boulevard Pinel, 69678 Bron
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