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Politique(s) du « logement d’abord » : théories, controverses et enjeux.
La notion de « logement d’abord » est protéiforme. Selon les contextes et les locuteurs, cette notion peut aussi bien désigner des politiques publiques qui établissent des stratégies et des programmes basés sur le logement pour lutter contre le sans-abrisme (plan « logement d’abord », stratégie nationale finlandaise), un modèle d’assistance aux personnes sans-abri qui se diffuse dans les pays occidentaux s’opposant aux logiques traditionnelles de la prise en charge (Housing First vs modèle « en escalier »), ou encore des expérimentations et des dispositifs s’adaptant à certaines situations de sans-abrisme (programme « Un chez-soi d’abord »).
Les interprétations et les appropriations du « logement d’abord » sont diverses, variant d’un pays à l’autre, d’un territoire à l’autre, d’un·e acteur à l’autre, elles évoluent aussi dans le temps. L’approche socio-historique révèle également que le « logement d’abord » est à la fois issu et source de controverses, qui prennent place dans l’action publique.
Ce module mobilise les outils d’analyse sociologique de l’action publique (mise à l’agenda, niveaux de l’action publique, réseaux d’acteurs, mise en oeuvre, instrumentation) pour situer socio-historiquement l’émergence du « logement d’abord » en tant que modèle proposant une/des alternatives à la prise en charge des personnes sans-abri et comme un principe directeur éventuel de l’action publique.
Cohabiter et accompagnement à habiter.
En optant pour le terme de « logement », plutôt que celui de « chez soi », la politique publique, dans son appellation même, met en avant l’espace physique et matériel plutôt que l’expérience vécue par les personnes dans cet espace. C’est à cette problématique du rapport aux espaces, envisagée à l’aune du concept « d’habiter », que ce module sera consacré, en questionnant autant les formes de (co)habiter que les sens d’un accompagnement à habiter. Partant du constat de l’existence de capacités à habiter, en dehors du logement, et d’expériences de ne pas habiter dans un logement, ce module propose un parcours visant à penser la diversité des modes d’habiter et à réfléchir aux différentes enquêtes, plus ou moins formalisées, qui conduisent à diverses qualifications de ces formes d’habiter (par les habitants eux -mêmes, par des professionnels, par des chercheurs…). Le module favorisera l’acquisition de compétences méthodologiques et de savoirs conceptuels tout en mettant en lumière et en discussion des expériences d’habitant·e·s et des professionnels du médico-social.
Les différentes interventions permettront aux stagiaires de comprendre et d’interroger le processus de co-construction des catégories de bénéficiaires des politiques sociales, qui implique à la fois les décideurs publics, les personnes concernées, les intervenants sociaux ou les chercheurs en sciences sociales. La majorité des interventions donnera la parole à des personnes concernées, et à leurs points de vue sur les catégorisations et leurs conséquences en termes de réponses et de dispositifs.
Le « logement d’abord » et ses publics : entre universalité et approches spécifiques.
Cette unité d’enseignement propose d’interroger les politiques sociales – et notamment celles du logement et de la lutte contre l’exclusion – à partir de leurs publics.
Il s’agira donc d’analyser la manière dont les acteurs du secteur public et associatif, mais aussi les personnes concernées elles-mêmes construisent des catégories de bénéficiaires ou d’usagers (« jeunes », « femmes victimes de violences », « sortant de prisons », « usagers de drogues »), et développent des réponses spécifiques en fonction des besoins identifiés. Par quels processus et dans quelles intentions s’opère ce ciblage des politiques sociales ? En quoi la catégorisation des publics, questionne-t-elle l’égalité d’accès aux droits et la notion de droits communs ? Quelles sont les principales catégories mobilisées par les acteurs du secteur public et associatif en matière d’accès au logement ? Comment les personnes mobilisent-elles, refusent-elles ou instrumentalisent-elles elles-mêmes les catégories qui leur sont attribuées, à travers notamment les pratiques de non-recours ?
« Logement d’abord » : des pratiques en mutation.
Au-delà des évolutions politiques, philosophiques et anthropologiques abordées au cours de la formation, c’est à une réflexion éthique et pratique qu’appelle le « logement d’abord » aujourd’hui. Ce dernier module vise alors à présenter, d’une part, les concepts susceptibles d’offrir un cadre pour soutenir une réflexion sur les pratiques actuelles et à venir, tels que le proposent notamment les principes de rétablissement, de pouvoir d’agir et de savoir expérientiel. D’autre part, la diversité (des contextes, des acteurs et des personnes concernées) propre au « logement d’abord », implique une adaptation et la créativité des acteurs souhaitant s’y engager ; celles-ci seront soutenues ici par le partage d’expériences, d’outils et de pratiques variés, à partir desquelles il devient possible d’envisager une mise en oeuvre et une adaptation concrète des principes évoqués. Enfin, l’intrication des savoirs experts et expérientiels des intervenants soutiendra la possibilité d’explorer les limites et contradictions émergeant de la confrontation du terrain aux volontés du « logement d’abord ».